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Accueil Activités Colloques 7-8 Juin 2012. Colloque international : La mémoire épisodique. Responsable Denis Perrin

7-8 Juin 2012. Colloque international : La mémoire épisodique. Responsable Denis Perrin

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Colloque International

La mémoire épisodique

Grenoble, 7 et 8 Juin 2012

Grenoble, MSH-Alpes, 1251, avenue centrale, Domaine universitaire

La mémoire épisodique est la capacité de l'esprit et du cerveau à se remémorer des événements passés dont on a fait l'expérience, c'est-à-dire à les revivre ou à en refaire l'expérience au terme d'un voyage mental à travers le temps accompli par le sujet remémorant en direction de son passé. Elle contraste fortement avec d'autres formes de mémoire, telles que la mémoire procédurale (i.e. la mémoire propre aux capacités pratiques) mais également, à l'intérieur de la mémoire déclarative et propositionnelle, avec la mémoire sémantique (i.e. la connaissance des faits). Le colloque se donne précisément pour objet l'élucidation de la propriété même de l'épisodicité de la mémoire et traitera d'un large éventail de problèmes que les approches psychologiques et philosophiques ont soulevés à son sujet. Voici la liste (non exhaustive) de certaines des questions qui seront pour nous cardinales.

 


Le terme "épisodicité" recouvre différentes choses dans la littérature. Il désigne parfois un type d'information mémorielle, dont le trait distinctif est la richesse de son composant contextuel et de ses détails sensoriels, mais également un certain type de conscience – la conscience dite "autonoétique" (Tulving) – qui accompagne certaines récupérations mémorielles, ou encore un système de mémoire complet et distinct, c'est-à-dire un ensemble de composants cognitifs et neuronaux qui remplissent des fonctions spécifiques. Bien que ces caractérisations ne soient pas incompatibles entre elles, elles suggèrent différentes façons de concevoir l'épisodicité et autorisent des compte-rendus concurrents de cette propriété – par exemple, le structuralisme de Tulving et l'attributionnalisme de Jacoby sur la question de la conscience subjective, ou le phénoménologisme de Hoerl et McCormack et le métareprésentationnalisme de Perner sur la question de la nature de l'information épisodique.

 

(1) Par conséquent, une première question est de déterminer ce en quoi consiste l'épisodicité de la mémoire et où elle doit être située. On ne peut répondre à cette première question sans traiter d'autres problèmes attenants et importants.

(2) Une question centrale concerne la subjectivité de la mémoire épisodique. Comment rendre compte de la saveur subjective ou de la conscience autonoétique du souvenir épisodique ? De plus, quel concept du soi – représentationnel ou non, incarné ou non – est inclus dans un tel type de souvenir ? Et quelle est la relation entre l'épisodicité et l'autobiographie ?

(3) Le temps offre assurément un troisième thème d'interrogation, qui soulève la question de la nature du voyage mental à travers le temps et du temps subjectif (ou perçu), aussi bien que celle de la navigation temporelle et des cadres de référence temporels qu'elle requiert.

(4) Le colloque vise également à faire droit à la reconnaissance grandissante du rôle de la spatialité dans la mémoire épisodique. Par exemple, en questionnant la façon dont, et la forme sous laquelle (égocentrique ou allocentrique ? dynamique ou statique ?) la spatialité détermine l'encodage épisodique, ou comment elle contribue à la saveur subjective du souvenir.

(5) Un cinquième axe concerne la question du contenu informationnel spécifique des souvenirs épisodiques. Entre autres choses, les questions de la singularité des objets du souvenir, de la structure possiblement réflexive (métareprésentationnelle) du contenu épisodique, ou encore du rôle qu'y joue l'imagerie mentale seront examinées.

(6) Last but not least, une grande attention sera accordée à la fois aux traits qui distinguent et à ceux qui rapprochent la mémoire épisodique et la mémoire sémantique, c'est-à-dire à la relation de leurs natures respectives – ce qui permettra d'aborder le débat qui oppose fonctionnalisme et structuralisme épistémologie de la psychologie – et aux relations fonctionnelles qui les unissent.

L’intérêt pour ces questions en psychologie et en philosophie a connu un développement important au cours de ces quatre dernières décennies. Les organisateurs de ce colloque sont convaincus qu’en dépit de différences d’accent (placé sur l’enquête expérimentale pour la psychologie, sur l’analyse conceptuelle pour la philosophie), psychologues et philosophes partagent largement les problèmes qu’ils traitent, la façon dont ils les traitent ainsi que les concepts qu’ils utilisent pour ce faire. Sur le fonds de cette communauté de démarche, il s’est avéré que la spécificité de chaque discipline est extrêmement fructueuse pour l’autre, beaucoup plus qu’elle ne constitue un obstacle à leur coopération. Le colloque réunira des chercheurs ayant des approches très variées – de l’analyse conceptuelle à l’enquête anatomique – et leur donnera l’occasion de confronter et d’enrichir les travaux qu’ils consacrent à ce sujet fascinant qu’est la mémoire épisodique.

Mis à jour (Mercredi, 22 Février 2012 14:27)

 

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